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Le Danger De L”embrasse De La Theologie De La Prospérité - 2
(2) La théologie de la prospérité source des malversations financières
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(2) La théologie de la prospérité source des malversations financières
La malversation financière est un vol feutré, parce qu’elle consiste au détournement des biens financiers ou matériels de leurs usages premiers. Dans la vie et le ministère du leader chrétien, la malversation financière c’est un désordre financier volontaire dont le but de satisfaire les désirs ou les besoins du leader qui sortent des limites reconnues par l’église ou l’organisation que l’on dirige.
Voici ce que j’avais écrit sur ce sujet dans mon livre intitulé : Le pasteur et ses problèmes : « Les malversations financières vraies, ou les fausses accusations de malversations financières naissent dans la plupart de nos églises quand le pasteur, se croyant ou se sentant le maître absolu de l’église, s’occupe directement de la gestion financière des recettes et biens de l’église, ou met à ce poste quelqu’un qui lui est dévoué. Alors commencent les soupçons, les colportages et la méfiance des membres de l’église vis-à-vis de ce dernier.
Les vraies malversations financières, la dilapidation des biens de l’église intervient quand le système financier mis en place par le pasteur lui permet d’utiliser les biens de l’église sans en rendre compte. Bien vite, s’ajoutent aux dépenses de l’église, des dépenses personnelles qui ne peuvent être justifiées parce que le manque d’un système de comptabilité fiable crée des zones d’ombre dans lesquelles l’irrégularité foisonne.
Une autre cause de malversations financières des pasteurs dans les églises est l’engagement en secret de ces derniers, à contracter des dettes avec les fonds de l’église, dans le but de les utiliser à des fins personnels. Dans la plupart des cas, l’échéance accordée ne pouvant être respectée, l’affaire secrète entre le pasteur et les financiers de l’église parvient à la connaissance de tous. Souvent, nous nous demandons comment il est possible que les pasteurs qui sont sensés être les croyants par excellence s’empêtrent dans des situations financières si déplorables ?
Plusieurs causes expliquent les scandales financiers qui déchirent nos églises, mais l’orgueil est peut-être une des causes premières de ces situations malheureuses. Plusieurs serviteurs de Dieu considèrent les églises comme leurs propriétés privées et trouvent qu’ils n’ont des comptes à rendre à personne. La tentation d’orgueil guette en particulier les pasteurs-apôtres qui ont été à la base de la fondation des églises, ou ont travaillé à l’épanouissement des églises sur lesquelles ils trônent désormais comme des patriarches. Ce sont souvent des pasteurs vieux, qui ont eux-mêmes amené tous les membres du conseil de l’église à Christ et qui les ont vus grandir dans la foi. Les membres du conseil de l’église ont alors une déférence totale à ces pasteurs patriarches devant lesquels ils ne parviennent jamais à ouvrir la bouche pour les contredire.
Mais l’orgueil qui prélude à la malversation financière n’affecte pas seulement les vieux pasteurs, fondateurs et patriarches de leurs églises. Ce mal affecte aussi les jeunes pasteurs dont la puissance spirituelle impressionne tous les membres de l’église qui ne parviennent plus à les contredire, quand bien même ces pasteurs ne sont que des nouveaux venus. Les pasteurs, jeunes ou vieux, qui ont une forte personnalité finissent par influencer ou par imposer leur volonté à leurs églises au point que celles-ci finissent par les suivre aveuglement jusqu’au désastre spirituel et financier.
Que doit donc faire le pasteur sage et avisé pour éviter les malversations financières ?
Sans délai, le pasteur qui veut servir le Seigneur loin du scandale financier doit mettre en place au sein de son église un service financier viable. Ce service doit être composé des personnes ayant une bonne moralité, mais possédant aussi une certaine capacité dans le domaine financier. Les membres de ce service doivent être élus par l’assemblée et doivent travailler selon un mandat établi, avec alternance d’une équipe nouvelle qui joindrait une partie de l’ancienne équipe, afin d’éviter que le service ne soit composé que des nouveaux qui ne seront pas en mesure de suivre les écritures passées par l’équipe précédente.
Le statut de l’église stipulera clairement que pendant et avant la passation de service avec la nouvelle équipe en place, le service financier présentera le rapport de ses activités à l’assemblée avec pièces justificatives à l’appui.
Aussi, sera stipulé dans le statut, que le pasteur ne sera jamais membre du service financier. Si nécessaire, le travail d’audition du service financier sera confié aux membres de l’église ayant une expérience en la matière ou aux experts qui reporteront à l’assemblée de l’église.
Il sera aussi stipulé dans le statut de l’église que les questions de salaire, et des avantages sociaux du pasteur seront débattus non pas par le service financier, mais par le conseil des anciens avant d’être présentées à l’assemblée pour appréciation et décision. En d’autres termes, le pasteur ne devra avoir aucun contact direct avec les membres du service financier. Toutes les dépenses liées au fonctionnement de l’église seront effectuées par les membres de ce service. Le seul contact que le pasteur aura avec les membres de ce service se limitera à celui de la réception de son salaire mensuel.
Le statut stipulera aussi que le pasteur recevra un salaire fixe, à une date fixe. Les questions des dîmes et dons spéciaux faits au pasteur seront résolues par le service financier et les biens remis au pasteur par ces derniers.
Le pasteur sage s’engagera à ne pas trop parler des questions financières à son église. En cas de nécessité, il pourra encourager l’église à donner, mais jamais ne se fera un « fundraiser » (leveur des fonds) en chef qui fatiguera l’église par ses supplications ou menaces pour soutirer un peu plus d’argent des membres.
Mais nous pasteurs, sommes-nous prêts à nous rabaisser de la sorte ; nous qui souffrons de la maladie d’orgueil ; nous qui avons la fausse impression que sans nous nos églises ne marcheraient pas et qu’en conséquence nous devons tout diriger ou contrôler ? Mais le pasteur sage est celui qui sait créer un environnement financier qui écarte toute possibilité de soupçon ou de malversation financière de sa part. » (pp. 66-68)
Seuls les leaders aveugles et empêtrés dans les liens de la cupidité prendront à la légère les avertissements que nous présentons dans ces pages. La théologie de la prospérité exagérée produit des ravages dans la vie et le ministère des leaders chrétiens. La théologie de la prospérité poussée à l’extrême ne cesse de produire des victimes dans les rangs du leadership chrétien au niveau mondial. La liste des leaders empêtrés dans les scandales financiers à cause de leur poursuite acharnée de la prospérité matérielle ne cesse de s’allonger. Faut-il en donner des exemples ? Chacun de nous a déjà entendu parler des pasteurs cupides qui rançonnent leurs membres à coup de versets bibliques et sans honte se pavanent dans leurs cités, à la honte du Christ et de son église. Pour éviter le double piège qui consiste à glorifier la pauvreté matérielle en la spiritualisant ; ou à glorifier la prospérité matérielle en la poursuivant coûte que coûte ; nous proposons une lecture biblique de l’argent et des biens matérielles, respectueuse de son contexte scripturaire.
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