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L”orgueil Et L”arrogance Du Succès - 3

par Rev. Paul Mpindi • 8 October, 2011 • sermon id: PR675

Sainte Écriture: Psaume 119 : 67; 69.5

DEUXIÈME PIÈGE:L’ORGUEIL ET L’ARROGANCE DU SUCCES

 

 

J’étais dans un véhicule avec un des jeunes leaders de l’organisation chrétienne que je dirige.  Je lui ai alors posé la question suivante : quelle est selon toi la tentation la plus grande entre l’échec et le succès dans la vie et le ministère d’un leader ?  Le jeune leader m’a regardé pendant un certain temps perplexe, ne sachant que répondre.  Puis il a balbutié la réponse typique que j’attendais de lui : selon lui, l’échec était certainement la tentation la plus grande dans la vie et le ministère d’un leader.

            Le jeune homme était étonné quand je lui ai dit que le succès représente en fait une des plus grandes tentations dans la vie et le ministère du leader chrétien.  Il m’a demandé alors pourquoi.  Je lui ai alors dit ceci : l’échec nous rabaisse, il nous humilie, et souvent nous rend humble ; mais le succès nous élève, et l’élévation nous rend fous !  La Bible dit : « L’arrogance précède la ruine, et l’orgueil précède la chute. » (Proverbes 16 : 18 ; 11 : 2 ; 29 : 23 ; 30 : 32)

 

            Le succès amène l’orgueil et l’arrogance

 

            Je commencerai par raconter mon propre combat spirituel contre l’orgueil et l’arrogance causés par le succès dans ma vie et dans mon ministère.  J’ai grandi dans une famille pauvre.  Mais le Seigneur m’a fait grâce.  Il m’a accordé le succès dans tous les domaines de la vie.  Je dis ce qui précède avec un cœur humble et reconnaissant au Seigneur.  La faveur de Dieu sur moi est grande.  Après plusieurs années de peine, le Seigneur a progressivement ouvert les portes du succès dans ma vie familiale, académique, financière, et dans mon ministère.  Le Seigneur m’a bénie avec une femme et des enfants heureux.  Le Seigneur m’a donné le désir de mon cœur, les diplômes académiques les plus élevés du monde.  Le Seigneur m’a donné l’aspiration de mon cœur, la stabilité financière.  Le Seigneur m’a accordé le privilège d’un ministère international puissant !

            Du jour au lendemain, moi qui marchait à pied, je me suis retrouvé propriétaire d’un véhicule de luxe.  Rapidement, le Seigneur a fait de moi un propriétaire foncier important.  Contre toute attente, le Seigneur a fait de moi un patron.  Plusieurs dizaines de personnes travaillent sous ma direction dans 4 continents du monde : l’Afrique, l’Europe, l’Amérique et les Caraïbes.  Le Seigneur m’a accordé l’onction, la puissance et la reconnaissance humaine dans le ministère.  Partout où je vais dans le monde, mon nom est connu dans plusieurs milieux chrétiens évangéliques où les médias chrétiens sont disponibles.

            Alors, sans que je ne m’en rende compte, le succès dans la vie et dans le ministère avait commencé à me monter dans la tête.  Petit à petit, je remarquai la naissance en moi des sentiments charnels et négatifs qui commençaient à prendre contrôle de moi : premièrement, j’avais remarqué que je n’avais plus peur de gens.  Quand j’étais pauvre, j’avais peur des gens, surtout des riches.  Mais dès que j’avais réussi matériellement et que j’ai toujours assez d’argent en poche, j’ai remarqué une assurance orgueilleuse qui commençait de naître en moi.  Je n’avais plus peur des gens, même ceux et celles qui étaient plus riches que moi ne me faisaient plus peur.  Je m’étais rendu compte que j’étais à la fois plus riche et plus intelligent que la plupart des gens sur la terre.  Je remarquai avec orgueil que la plupart de ceux qui étaient plus riches que moi avaient moins de diplômes que moi.  Et je remarquai aussi avec arrogance que plusieurs de ceux qui avaient les mêmes diplômes que moi, n’avaient pas assez d’argent que moi.  J’étais donc un cas particulier : plus riche que les plus intelligents que moi ; et plus intelligent que les plus riches que moi.  A moi seule, je battais la quasi-totalité de la compétition humaine.  Rares étaient les riches plus intelligents que moi, ou les intelligents plus riches que moi !

            Cette combinaison particulière a développé en moi un second vice : l’infaillibilité doctorale et financière.  Comme je me considérai plus intelligent et plus riche que la majorité des gens, je n’avais donc aucune leçon à recevoir des autres.  Moi, avec mes diplômes et mon argent, j’avais toujours raison.  Les autres devaient toujours se courber devant et moi et m’écouter.  Moi au contraire, je n’avais aucune patience à écouter les autres.  Je coupais et continue encore à couper la parole à tous ceux et celles qui s’hasardent à trop dire devant moi et perdre mon temps !

            En outre, le succès dans le ministère m’avait aussi donné la fausse impression d’être le seul assistant immédiat de Dieu sur la terre.  Comme Dieu me donnait l’onction et la puissance dans la prédication, en moi naissait l’impression que j’étais préférable que la plupart des chrétiens.  Tous avaient grand intérêt à suivre mes sermons et enseignement et à s’éduquer spirituellement à mes pieds.  La trinité négative de l’orgueil académique, combiné à l’orgueil financier, avec l’orgueil spirituel du ministère m’avait rendu orgueilleux jusqu’à la folie !  Je commençai alors à engueuler tout le monde ; Dieu y compris !  En vérité, orgueilleux, je l’étais de naissance.  Mais le succès dans la vie avait aggravé mon orgueil intérieur à un niveau diabolique.  J’étais perdu !  Le succès que Dieu m’avait accordé dans sa grâce était devenu un piège spirituel qui me tenait captif et m’éloignait de Dieu !

            Heureusement que le Dieu de la Bible est juste, mais aussi il est grâce et patience.  Dans sa justice, Dieu a commencé l’œuvre de ma guérison spirituelle.  Il m’a « cogné » contre le mur de la folie pour m’en guérir.  Dans sa grâce, le Seigneur m’avait profondément frappé pour m’amener à guérir de la folie de l’orgueil qui me tenait captif.  Comme le psalmiste, j’ai confessé la vérité biblique suivante : « Avant d’avoir été humilié, je m’égarais ; maintenant j’observe ta parole.» (Psaume 119 : 67) ; « O Dieu ! tu connais ma folie, et mes fautes ne te sont point cachées ! » (Psaume 69 : 5)

            Toutefois, avec humilité, je reconnais que ma guérison de l’orgueil et de l’arrogance du succès est encore partielle.  En moi, l’infection bactérienne de l’orgueil provoquée par le succès a été très profonde, au point que la cure de l’antibiotique divin, le sang du Christ, appliquée par le Saint-Esprit, va durer jusqu’à la fin de mon pèlerinage terrestre.  Si je ne suis pas encore complètement guéri de l’orgueil et de l’arrogance du succès, le Seigneur m’en a rendu conscient.  Maintenant, j’ai rejoins le Saint-Esprit dans la guerre spirituelle contre mon ego aigu et aiguisant !

 

            Le succès et l’orgueil dans la Bible

 

            L’orgueil dans la vie et le ministère du roi Saül

 

Je ne suis pas le premier humain à souffrir l’infection causée par le succès.  La Bible rapporte les histoires de plusieurs serviteurs de Dieu qui étaient tombées dans l’orgueil à cause du succès que Dieu leur a accordé dans la vie et dans le ministère.

Saül a été choisi roi par le Seigneur.  Mais très vite, Saül a été gagné par l’ivresse du pouvoir.  Saül s’est considéré comme un monarque absolu, affranchi de Dieu et de ses prophètes.  Dieu ne tarde pas de le rejeter à cause de son arrogance.  La Bible rapporte ce qui suit : «Samuel dit à Saül: Arrête, et je te déclarerai ce que l’Éternel m’a dit cette nuit. Et Saül lui dit: Parle! Samuel dit: Lorsque tu étais petit à tes yeux, n’es-tu pas devenu le chef des tribus d’Israël, et l’Éternel ne t’a-t-il pas oint pour que tu sois roi sur Israël ? L’Éternel t'avait fait partir, en disant: Va, et dévoue par interdit ces pécheurs, les Amalécites; tu leur feras la guerre jusqu’à ce que tu les aies exterminés. Pourquoi n’as-tu pas écouté la voix de l’Éternel ? pourquoi t’es-tu jeté sur le butin, et as-tu fait ce qui est mal aux yeux de l’Éternel ? . . . Samuel dit: L’Éternel trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices, comme dans l’obéissance à la voix de l’Éternel ? Voici, l’obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l’observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers. Car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et la résistance ne l’est pas moins que l’idolâtrie et les théraphim. Puisque tu as rejeté la parole de l’Éternel, il te rejette aussi comme roi.  . . . Samuel dit à Saül: Je ne retournerai point avec toi; car tu as rejeté la parole de l’Éternel, et l’Éternel te rejette, afin que tu ne sois plus roi sur Israël. Et comme Samuel se tournait pour s’en aller, Saül le saisit par le pan de son manteau, qui se déchira. Samuel lui dit: L’Éternel déchire aujourd'hui de dessus toi la royauté d'Israël, et il la donne à un autre, qui est meilleur que toi. Celui qui est la force d’Israël ne ment point et ne se repent point, car il n’est pas un homme pour se repentir. » (1 Samuel 15 : 16-29 ; 13 : 14 )

            L’orgueil créé par le succès amène Saül à sa perte.  Il vient d’être rejeté par Dieu.  Il ne sera plus roi d’Israël, parce qu’il a cru qu’il pouvait vivre et diriger le peuple de Dieu comme sa tête le lui disait.  Saül vivra dans la crainte perpétuelle d’être remplacé par David.  Il mourra dans la honte complète, abandonné de son peuple et de Dieu, dans le champ de bataille.  Les philistins lui couperont la tête et exposeront sa tête et son corps dans leurs villes souillées par l’idolâtrie (1 Samuel 31).

 

            Le succès, l’orgueil et la punition du roi Ozias

 

Le lecteur du second livre des Chroniques se réjouit de trouver dans le roi Ozias un serviteur aimant et craignant le Seigneur.  Plusieurs des rois qui ont précédés Ozias, son père Amatsia y compris, étaient des rois idolâtres qui avaient abandonné le Seigneur, le Dieu d’Israël au profit des dieux païens.  Ozias, malgré son jeune âge (16 ans), accède au pouvoir avec un cœur attaché sans partage au Dieu d’Israël.  Son parcours religieux et son administration du royaume sont bons.  Et dans sa grâce, le Dieu d’Israël l’a bénit abondamment.  Mais voici que le succès ne tarda pas de lui monter dans la perte et l’amener à sa perte. 

Laissons à l’auteur sacré nous narrer l’expérience du roi Ozias.  La Bible affirme : « Tout le peuple de Juda prit Ozias, âgé de seize ans, et l’établit roi à la place de son père Amatsia. . . . Ozias avait seize ans lorsqu’il devint roi, et il régna cinquante-deux ans à Jérusalem.  . . . Il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, entièrement comme avait fait Amatsia, son père. Il s’appliqua à rechercher Dieu pendant la vie de Zacharie, qui avait l’intelligence des visions de Dieu; et dans le temps où il rechercha l’Éternel, Dieu le fit prospérer. Il se mit en guerre contre les Philistins; et il abattit les murs de Gath, les murs de Jabné, et les murs d’Asdod, et construisit des villes dans le territoire d’Asdod, et parmi les Philistins. Dieu l’aida contre les Philistins, contre les Arabes qui habitaient à Gur-Baal, et contre les Maonites. Les Ammonites faisaient des présents à Ozias, et sa renommée s’étendit jusqu’aux frontières de l’Égypte, car il devint très puissant.  . . . Mais lorsqu’il fut puissant, son coeur s’éleva pour le perdre. Il pécha contre l’Éternel, son Dieu: il entra dans le temple de l’Éternel pour brûler des parfums sur l’autel des parfums. Le sacrificateur Azaria entra après lui, avec quatre-vingts sacrificateurs de l’Éternel, hommes courageux, qui s’opposèrent au roi Ozias et lui dirent: Tu n’as pas le droit, Ozias, d’offrir des parfums à l’Éternel! Ce droit appartient aux sacrificateurs, fils d’Aaron, qui ont été consacrés pour les offrir. Sors du sanctuaire, car tu commets un péché! Et cela ne tournera pas à ton honneur devant l’Éternel Dieu. La colère s’empara d’Ozias, qui tenait un encensoir à la main. Et comme il s’irritait contre les sacrificateurs, la lèpre éclata sur son front, en présence des sacrificateurs, dans la maison de l’Éternel, près de l’autel des parfums. Le souverain sacrificateur Azaria et tous les sacrificateurs portèrent les regards sur lui, et voici, il avait la lèpre au front. Ils le mirent précipitamment dehors, et lui-même se hâta de sortir, parce que l’Éternel l’avait frappé. Le roi Ozias fut lépreux jusqu’au jour de sa mort, et il demeura dans une maison écartée comme lépreux, car il fut exclu de la maison de l’Éternel. Et Jotham, son fils, était à la tête de la maison du roi et jugeait le peuple du pays.  Le reste des actions d’Ozias, les premières et les dernières, a été écrit par Ésaïe, fils d’Amots, le prophète. Ozias se coucha avec ses pères, et on l’enterra avec ses pères dans le champ de la sépulture des rois, car on disait: Il est lépreux. Et Jotham, son fils, régna à sa place. » (2 Chroniques 26 : 2-23)

            La réussite, les bénédictions nombreuses et visibles dans la vie et le ministère du roi Ozias lui ont fait croire faussement qu’il était désormais au dessus de la Loi de Dieu.  En Israël, Dieu avait clairement réparti les responsabilités.  Le roi s’occupait de l’administration de la vie civile du peuple élu.  Seuls les sacrificateurs étaient choisis et habilités à offrir des sacrifices à Dieu en faveur du roi et de l’ensemble du peuple.  Mais étant gagné par l’orgueil, le roi Ozias s’introduisit dans le temple et voulu remplacer les prêtres oints et offrir des sacrifices.  Le roi répond avec arrogance et colère aux avertissements des sacrificateurs.  Et Dieu le frappe sur le champ.  Ozias devient lépreux et le restera jusqu’à la fin de sa vie.  Immédiatement, son fils prend les rênes du pouvoir pendant qu’Ozias passe les restes de ses jours dans l’isolement, loin de Dieu et des siens !  L’orgueil précède la ruine, même des serviteurs et servantes de Dieu !

 

Le succès, l’orgueil et la punition du roi Ezéchias

 

L’histoire du roi Ezéchias est presque semblable à celle de son grand père Ozias.  Ezéchias a aussi été un roi aimant et craignant Dieu.  Plusieurs des rois qui l’ont précédé, particulièrement son père Achaz, ont commis des crimes sociaux et religieux horribles devant Dieu.  Mais contrairement à ses prédécesseurs, Ezéchias est revenu de tout son cœur et de toute sa force au Dieu de ses pères.  Comme toujours, Dieu bénit son obéissance et le rendit très puissant.  Alors, lui aussi tomba victime du succès dans sa vie et dans son ministère. 

La Bible rapporte ce qui suit : « Ainsi l’Éternel sauva Ézéchias et les habitants de Jérusalem de la main de Sanchérib, roi d’Assyrie, et de la main de tous, et il les protégea contre ceux qui les entouraient. Beaucoup de gens apportèrent dans Jérusalem des offrandes à l’Éternel, et de riches présents à Ézéchias, roi de Juda, qui depuis lors fut élevé aux yeux de toutes les nations. En ce temps-là, Ézéchias fut malade à la mort. Il fit une prière à l’Éternel; et l’Éternel lui adressa la parole, et lui accorda un prodige. Mais Ézéchias ne répondit point au bienfait qu’il avait reçu, car son coeur s’éleva; et la colère de l’Éternel fut sur lui, sur Juda et sur Jérusalem. Alors Ézéchias, du sein de son orgueil, s’humilia avec les habitants de Jérusalem, et la colère de l’Éternel ne vint pas sur eux pendant la vie d’Ézéchias. Ézéchias eut beaucoup de richesses et de gloire. Il se fit des trésors d’argent, d’or, de pierres précieuses, d’aromates, de boucliers et de tous les objets qu’on peut désirer; des magasins pour les produits en blé, en moût et en huile, des crèches pour toute espèce de bétail, et des étables pour les troupeaux. Il se bâtit des villes, et il eut en abondance des troupeaux de menu et de gros bétail; car Dieu lui avait donné des biens considérables. Ce fut aussi lui, Ézéchias, qui boucha l’issue supérieure des eaux de Guihon, et les conduisit en bas vers l’occident de la cité de David. Ézéchias réussit dans toutes ses entreprises. Cependant, lorsque les chefs de Babylone envoyèrent des messagers auprès de lui pour s’informer du prodige qui avait eu lieu dans le pays, Dieu l’abandonna pour l’éprouver, afin de connaître tout ce qui était dans son coeur. Le reste des actions d’Ézéchias, et ses oeuvres de piété, cela est écrit dans la vision du prophète Ésaïe, fils d’Amots, dans le livre des rois de Juda et d’Israël. » (2 Chroniques 32 : 22-31).

            Ezéchias aussi est tombé victime de l’orgueil causé par le succès éclatant que Dieu permet dans sa vie.  Ezéchias étala toute sa richesse devant les envoyés du roi de Babylone qui étaient venus le visiter après qu’il ait bénéficié de la guérison divine.  Le désir d’impressionner ses visiteurs a fait oublier à Ezéchias l’origine de sa grandeur.  Au lieu de donner gloire à Dieu, Ezéchias a donné gloire à lui-même, et cela a offensé Dieu.  Heureusement Ezéchias s’est vite humilié devant Dieu.  Dans sa miséricorde, Dieu l’a épargné, lui et son peuple.

 

            Comment juguler l’orgueil créé par le succès ?

 

Le message de la Bible concernant l’orgueil est clair et non négociable : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » (Jacques 4 : 6 ; Proverbes 3 : 34 ; 1 Pierre 5 : 5)  Comment alors pouvons-nous juguler, contrôler, maintenir l’orgueil de notre cœur sous la domination du Saint-Esprit, bien que celui-ci ne pourrait jamais être complètement vaincu pendant notre vie terrestre ?

 

  1.  Comprendre que le succès et l’orgueil se développent ensemble.

 

Le succès rend fou parce qu’il monte dans notre tête et nous ferme l’intelligence et le discernement afin que nous devenions complètement aveugle à l’orgueil naissant et grandissant en nous.  Le Saint-Esprit commence à contrôler notre orgueil en nous faisant prendre conscience de sa présence corruptrice en nous.  Les personnes dominées par l’orgueil n’en sont même pas conscientes le plus souvent.  Le diable leur aveugle les yeux afin qu’ils ne réalisent pas la grandeur du péché qui les habite et les contrôle.

Mais pour que nous soyons capables de discerner la voix du Saint-Esprit qui nous montre l’orgueil qui enveloppe notre cœur, nous devons au préalable accepter le fait que le succès amène l’orgueil et l’arrogance.  Savoir que le succès amène l’orgueil nous permet de ne pas être surpris quand en effet le succès que Dieu nous donne commence à faire enfler notre âme.

D’une manière imagée, nous dirons que chaque fois que Dieu plante les grains positifs du succès dans le sol de notre vie et ministère, la même nuit, le diable à son tour se précipite de planter dans le sol de notre cœur les grains négatifs et amères de l’orgueil.  Ainsi, dans chaque cœur que Dieu bénit, se développe en même temps les plantes du succès étroitement et inextricablement mélangées avec les plantes de l’orgueil.  Les deux, le succès et l’orgueil se développent ensemble, étroitement liés dans notre cœur.  Nous ne pouvons de nous-mêmes dépister et enlever les manifestations de l’orgueil causé par le succès.  Le diable nous donne la capacité de bien camoufler notre orgueil sous forme d’humilité.

Seul le Saint-Esprit agit avec dextérité pour nous réveiller à la présence nauséabonde de l’orgueil dans notre âme afin de nous en délivrer progressivement.  Reconnaître que le succès se développe en pair avec l’orgueil nous aide à ne pas trop attendre avant de demander l’aide du Saint-Esprit pour le juguler.

 

            2. Confesser et renoncer à l’orgueil

 

L’orgueil commence à perdre son emprise sur nous quand nous le reconnaissons comme tel et le confessons à notre Dieu.  Dieu aime ceux qui sont sincères.  Dès qu’il voit la sincérité de notre cœur, Dieu effectivement nous pardonne la folie de notre cœur.  Le texte lu précédemment nous parle de la miséricorde de Dieu envers Ezéchias.  La Bible dit : « Alors Ézéchias, du sein de son orgueil, s’humilia avec les habitants de Jérusalem, et la colère de l’Éternel ne vint pas sur eux pendant la vie d’Ézéchias. » (2 Chroniques 32 : 26)

            En effet, Dieu pardonne toujours ceux et celles qui se reconnaissent, confessent et promettent par sa grâce d’abandonner leurs péchés.  Jean affirme : «Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. » (1 Jean 1 : 9).  L’apôtre Jacques nous dit ce qui suit : « Soumettez-vous donc à Dieu; résistez au diable, et il fuira loin de vous. Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs; purifiez vos coeurs, hommes irrésolus. Sentez votre misère; soyez dans le deuil et dans les larmes; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera. » (Jacques 4 : 7-10)

            La confession du péché de l’orgueil doit se faire avec un profond sérieux.  En effet, l’orgueil est le péché le plus grave qui puisse exister.  C’est l’orgueil qui a fait de Lucifer l’ennemi, le Satan qui oppose Dieu depuis sa chute.  C’est aussi l’orgueil qui nous a poussés à nous rebeller contre Dieu dans le jardin d’Eden.  Depuis le jardin d’Eden, chacun de nous se rebelle contre Dieu chaque de manières diverses.  Car le péché, dans sa nature n’est autre chose que la rébellion de la créature que nous sommes contre Dieu notre créateur.  Quand le succès nous monte dans la tête et devient orgueil, nous affirmons par là que nous sommes maîtres de notre réussite et que Dieu n’y est pour rien.  L’orgueil qui vient du succès dans notre vie et ministère est une insulte directe contre Dieu.  Par conséquent, nous devons confesser la folie de notre orgueil avec un cœur réellement contrit et repentant.  Nous devons haïr l’orgueil de notre cœur et désirer qu’il disparaisse de notre être.  Le Saint-Esprit qui lit nos pensées accomplira donc le désir profond de notre cœur.

 

  1. Mettre en place des stratégies individuelles et collectives

pour juguler l’orgueil

 

Finalement pour dominer l’orgueil qui sans faute naît dans notre cœur comme résultat du succès que Dieu nous accorde dans la vie et dans le ministère, nous devons mettre en place des stratégies pratiques pour empêcher la croissance de cette plante vénéneuse dans notre âme.  Voici quelques exemples simples sur comment juguler l’orgueil en soi :

(1) Nous prendrons la décision lucide de nous « surveiller » nous-mêmes. Nous devrions surveiller les indicateurs d’orgueil suivant dans notre vie et comportement :  - Nous devons intentionnellement « surveiller » la façon dont nous « parlons », la façon dont nous « marchons », ou la façon dont nous « gesticulons » en public.  Une simple question devrait nous innocenter ou nous culpabiliser : parlons-nous, marchons-nous ou gesticulons-nous en public d’une manière qui attire l’attention sur nous ?  En effet, nous savons exactement quand nous parlons, marchons, et gesticulons avec orgueil, dans le but d’attirer l’attention sur nous.  Au lieu d’attirer l’attention sur nous, nous allons toujours nous « surveiller » nous-mêmes en public pour nous enlever le plaisir de nous « pavaner » et de nous faire voir devant les autres pour l’honneur de notre ego.

            Dans un livre écrit sur Mandela, l’auteur raconte comment quand il était en fuite devant les autorités de l’apartheid, Mandela a appris à entrer dans les lieux publics en marchant d’une manière qui n’attirait pas les regards du public.  Mandela a donc conclut qu’en entrant dans un espace public, notre démarche souvent révèle l’orgueil de notre cœur.  En effet, nous pouvons parler avec une voix de commandement ; nous pouvons marcher en faisant cogner nos chaussures pour alerter le monde entier de notre passage ; nous pouvons gesticuler de manière à faire s’arrêter et à faire tourner même les passants les plus éloignés.  Nous avons le choix de passer inaperçu en public, ou au contraire de nous faire voir par tout le monde.

            (2) Nous prendrons la décision de ne pas couper la parole à ceux et celles qui nous parlent.  L’impatience qui nous fait interrompre ceux qui nous parlent pour placer nos propres paroles, vient de l’orgueil intérieur qui nous fait croire que les autres nous font perdre du temps.  Laisse aux autres la liberté de terminer ce qu’ils nous disent sans les interrompre est un signe d’humilité et de maturité spirituelle.  Bien sûr, il est de personnes immatures qui nous parleraient jusqu’au lendemain si nous ne nous écartons pas de leur présence.  Même devant ces parleurs professionnels, nous devrons consciemment essayer de les calmer en les écoutant pendant un temps raisonnable avant de s’en séparer.

            (3) Nous empêcherons, avec rigueur si nécessaire, que nos collaborateurs et collaboratrices ne deviennent fascinés par nous à cause du succès que Dieu nous accorde.  Sans les pousser à nous manquer du respect, nous les obligerons, comme l’enseigne l’apôtre Paul, « à ne pas aller au-delà de ce qui est écrit, et que nul de vous ne conçoive de l’orgueil en faveur de l’un ou de l’autre.  Car qui est-ce qui te distingue ?  Qu’as-tu que tu n’aies reçu ?  Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’as pas reçu ? » (1 Corinthiens 4 : 6-7)  En d’autres termes, nous devons volontairement et avec force empêcher qu’un culte de notre personnalité se forme au sein du groupe que nous dirigeons.  Nous ne devons jamais accepter que les membres de notre groupe fasse de nous secrètement ou publiquement, des petits dieux infaillibles !

            (4) Volontairement et de manière continuelle, nous maintiendrons une vie de discipline et d’humilité en privé comme en public.  Nous serons dans notre groupe le premier à vivre dans l’humilité ; à reconnaître nos manquements si nous les avions manifestés en public.  Sans nous présenter comme des personnalités faibles, nous devons vivre consciemment dans la douceur et la limpidité spirituelle et morale afin que nos collaborateurs et collaboratrices voient ce que nous sommes à l’intérieur.

            (5) Nous donnerons à notre femme et à quelques-uns de nos plus proches collaborateurs la permission et le devoir de nous « aiguillonner » brutalement, si nécessaire, d’abord en privé, puis si nous refusons d’écouter, de le faire en public pour nous ramener sur le chemin de l’humilité.  En effet, le poison de l’orgueil est si puissant que parfois nous sommes frappés de folie furieuse au point que nos actions risquent de tout détruire.  Les avertissements « violents », si nécessaire, en privé d’abord et finalement en public par les nôtres, finiront par nous guérir.  Plusieurs serviteurs et servantes de Dieu sont perdus à l’église parce que leurs proches collaborateurs ont gardé le silence pendant qu’ils s’abîmaient dans l’orgueil et ses folies.  En effet, il est préférable que ceux et celles qui nous aiment nous manquent du respect et nous reprochent en public, que de nous laisser nous abîmer et nuire à la crédibilité de l’église à cause de nos fautes.

            En pratique, peu sont les leaders sérieux qui accepteront de se rendre si vulnérables devant leurs collaborateurs et collaboratrices.  Mais le leader qui met en place ces stratégies pratiques se protège lui-même de la folie de l’orgueil dans sa vie.  Trop grand est le nombre de serviteurs et servantes de Dieu qui ont fait naufrages dans la foi et dans le ministère, parce que emportés par les folies de l’orgueil du succès.

 

 

 

 

 

 

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