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Ce Que La Bible Enseigne Sur L”argent

Les Apects Négatifs et Positifs d’argent

par Rev. Paul Mpindi • 5 November, 2011 • sermon id: PR679

3. Enseignement biblique sur l’argent et les biens matérielles

En général, deux aspects peuvent être distingués de l’enseignement biblique sur l’argent.  L’aspect négatif et l’aspect positif.

(1) L’aspect négatif de l’argent : l’argent comme « Mammon »

Comme indiqué précédemment, l’imaginaire religieux des plusieurs leaders de l’église continue de trouver une incompatibilité totale entre la vie chrétienne spirituelle et l’argent.  Nous avions indiqué que cette incompatibilité vient d’une lecture unidirectionnelle de Matthieu 6 : 24 : « Nul ne peut servir deux maîtres.  Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre.  Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. »  Mais quel est le sens de Matthieu 6 : 24 ?  Qui est Mammon ?  Ici n’est pas le lieu d’offrir une exégèse détaillée du texte cité.  Qui ou qu’est-ce que Mammon contre lequel le Christ parle ?
Le nom Mammon est d’origine syriaque.  Il était donné à une idole adorée comme le dieu de la richesse.  Mammon est donc le dieu de la richesse, le dieu de l’argent.  En Israël, le terme signifiait l’argent dans sa puissance dominatrice et corruptrice.
Le texte de Matthieu 6 : 24 donne une lecture négative de la richesse matérielle, de l’argent parce qu’il place Mammon au même pied d’égalité que Dieu.  En d’autres termes, la richesse est mauvaise quand elle s’érige en un dieu adoré au même titre que le Dieu créateur.  « Nul ne peut servir deux maîtres » signifie qu’il est impossible de placer Dieu et la poursuite de l’argent au même pied d’égalité.  L’argent devient un problème dans ce texte non parce qu’il représente le pouvoir d’achat, mais parce qu’il s’élève comme un pouvoir dominateur qui cherche à contrôler la vie de celui qui en possède.
La même lecture négative de l’argent se retrouve sous la plume de l’apôtre Paul.  A Timothée son fils spirituel l’apôtre Paul écrit : « Car l’amour de l’argent est la racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » (1 Timothée 6 : 24).
Il est important de noter que l’affirmation de l’apôtre commence par un « car » qui marque la conclusion d’un point développé précédemment.  Quel est le point développé précédemment ?  Pourquoi est-ce que l’amour de l’argent est la racine de tous les maux ?  L’apôtre Paul répond en nous rappelant ce qu’il a dit aux versets précédents sur les dangers spirituels créés par l’argent : « C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement ; car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous ne pouvons rien emporter ; si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira.  Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition.  Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux. » (1 Timothée6 :6-10).
L’enseignement négatif de l’apôtre Paul sur l’argent n’est pas causé par la réalité de l’argent en tant que pouvoir d’achat mais par l’amour de l’argent, la poursuite de la richesse et les tentations et mauvais désirs que cela entraîne.  Selon l’apôtre Paul ce n’est pas l’argent qui est la racine de tous les maux mais plutôt l’amour de l’argent.
Mais pourquoi est-ce que l’amour de l’argent est-il un problème pour l’apôtre Paul?  L’enseignement de l’apôtre Paul contre l’amour de l’argent est fondé sur le grand commandement de l’amour exclusif pour Dieu et pour le prochain.  A Israël le Seigneur avait ordonné : « Ecoute, Israël ! L’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel.  Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Deutéronome 6 : 4-5).  Le Christ confirme le même commandement à l’Eglise en insistant que l’amour exclusif pour Dieu et le prochain représente le plus grand commandement qui résume toute la loi de Dieu.  Aux pharisiens qui l’interrogeaient sur le plus grand commandement de la loi le Christ répond : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée.  C’est le premier et le plus grand commandement.  Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.  De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Matthieu 22 : 37-40).
L’amour de l’argent est la racine de tous les maux parce qu’il détrône Dieu et le prochain comme objet d’attention et place les mauvais désirs comme priorité.  En effet, il est impossible d’aimer l’argent sans chercher à l’acquérir ou à l’utiliser au dépens des autres.  La recherche de l’argent oblige la compétition et l’élimination des concurrents.  La recherche des plaisirs apportés par l’argent oblige à chosifier le prochain dans le but de l’exploiter.  Aimer l’argent c’est chercher à l’acquérir par tous les moyens et à tout prix.  Vouloir s’enrichir c’est tout faire et tout mettre en œuvre pour augmenter son avoir.
L’argent est donc un problème quand il devient notre maître au lieu d’être notre serviteur.  L’argent est un problème quand il nous monte dans la tête et nous fait faire des choses négatives que nous ne ferions jamais si nous n’avions pas les moyens matériels que nous avons.  L’argent est vraiment un problème quand il nous contrôle et nous dirige.  L’argent qui contrôle notre volonté devient donc Mammon, la force négative qui nous aliène Dieu et nous aliène le prochain.  Alors, le croyant, le serviteur de Dieu sérieux doit se séparer non pas de l’argent, mais de l’emprise qu’il exerce sur lui afin d’être complètement dévoué à Dieu.

(2) L’aspect positif de l’argent : l’argent comme bénédiction divine

Les prédicateurs de l’Evangile de la prospérité, malgré leurs exagérations, enseignent la vérité sur le fait que Dieu est celui qui bénit les siens aussi bien spirituellement que matériellement.  Dans l’épître aux Ephésiens, l’apôtre Paul affirme qu’en Christ, les croyants sont bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes. (Ephésiens 1 :3).  Les bénédictions « spirituelles » dont parle l’apôtre ne sont pas seulement « spirituelles. »  Les bénédictions spirituelles de Dieu en Christ sont les bénédictions de sa grâce qui apportent son shalôm, le bien-être spirituel, matériel et social dans la vie du croyant.
Le Dieu de la Bible est connu comme le Dieu de la bénédiction.  Depuis la création, Dieu est celui qui bénit sa créature et la rend féconde (Genèse 1 :27-28).  A Abraham, l’homme par qui Dieu commence son plan du salut pour le reste du monde, Dieu promet sa bénédiction spirituelle et matérielle.  « L’Eternel dit à Abram : Va-t’en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai.  Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. » (Genèse 12 :1-2).  Et sur Abraham il est plus tard écrit : « Abram était très riche en troupeau, en argent et en or. » (Genèse 13 :2).
Le même témoignage de la bénédiction spirituelle ayant des conséquences matérielles peut être fait de Job et de David.  De Job il est dit : « Il y avait dans le pays d’Uts un homme qui s’appelait Job.  Et cet homme était intègre et droit : il craignait Dieu, et se détournait du mal.  Il lui naquit sept fils et trois filles.  Il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents ânesses, et un très grand nombre de serviteurs.  Et cet homme était le plus considérable de tous les fils de l’Orient. » (Job 1 :1-3).  De David il est écrit après sa mort : « David fils d’Isaï, régna sur tout Israël.  Le temps qu’il régna sur Israël fut de quarante ans : à Hébron il régna sept ans, et à Jérusalem il régna trente-trois ans.  Il mourut dans une heureuse vieillesse, rassasié de jours, de richesse et de gloire.  Et Salomon son fils régna à sa place. » (1 Chroniques 29 :26-28).
Même s’il n’est pas possible de faire des généralisations à partir de quelques exemples seulement, il n’est pas exagéré d’affirmer que dans l’Ancien Testament ceux qui appartiennent à Dieu vivent dans la sphère de sa bénédiction.  Dieu assure le bien être spirituel et matériel de ceux qui vivent dans la communauté de son alliance.  A Israël, en tant que nation, Dieu promet la prospérité s’il vit selon la loi de Dieu. « Si tu obéis à la voix de l’Eternel ton Dieu, en observant et en mettant en pratique tous ses commandements que je te prescris aujourd’hui, l’Eternel, ton Dieu, te donnera la supériorité sur toutes les nations de la terre.  Voici toutes les bénédictions qui se répandront sur toi et qui seront ton partage, lorsque tu obéiras à la voix de l’Eternel, ton Dieu. … L’Eternel ordonnera à la bénédiction d’être avec toi dans tes greniers et dans toutes tes entreprises.  Il te bénira dans le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne … L’Eternel te comblera de biens, en multipliant le fruit de tes entrailles, le fruit de tes troupeaux et le fruit de ton sol, dans le pays que l’Eternel a juré à tes pères de te donner.  L’Eternel t’ouvrira son bon trésor, le ciel, pour envoyer à ton pays la pluie en son temps et pour bénir tout le travail de tes mains ; tu prêteras à beaucoup de nations, et tu n’emprunteras point. » (Deutéronome 28 :1-14).
Dans le Nouveau Testament, la richesse matérielle accompagne la naissance et le ministère de Jésus.  Même si le Christ naît dans la pauvreté de l’étable, son jeune âge est vécu avec la richesse matérielle apportée par les mages d’orient ; l’or, l’encens et le myrrhe (Matthieu 2 :11).  Le ministère nomade de Jésus est soutenu par les ressources financières des femmes riches qui le suivaient (Luc 8 :2-3).  En faveur des Philippiens l’apôtre Paul prie : « Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. » (Philippiens 4 :19).
Même si le Nouveau Testament n’enseigne pas explicitement que tous les croyants seront automatiquement riches à cause de leur conversion à Christ, il reconnaît toutefois qu’ils sont bénéficiaires de la grâce divine qui actualise dans leur vie toutes les promesses du bien-être et de stabilité spirituelle et matérielle faites dans les Ecritures.
La richesse matérielle, l’argent, la santé spirituelle et physique sont tous des biens qui découlent de la miséricorde divine.  Le Nouveau Testament enseigne que Dieu est celui qui accorde toute chose bonne à ses enfants et que tout ce qu’ils ont, ils l’ont reçu de la main divine (1 Timothée 6 :17-19;  1 Corinthiens 4 :7).
Parce qu’ils reçoivent tout de la main divine, les croyants sont encouragés à jouir de toute chose avec action de grâce. La jouissance des biens spirituels et matériels reçus de Dieu se fait dans l’esprit de la libéralité sacrificielle.  La richesse matérielle, l’argent n’est donc pas un problème pour le croyant aussi longtemps qu’il l’utilise avec action de grâce pour la gloire de Dieu.
En d’autres termes, les croyants doivent comprendre que la richesse matérielle, l’argent est une bonne chose ; il est même le signe de la bénédiction divine.  Parce qu’étant une bénédiction divine, l’argent doit être utilisé avec action de grâce et d’une manière responsable.
Une des conséquences immédiates de l’enseignement biblique sur la richesse est que les croyants doivent sortir de la culpabilité que l’aspect négatif de l’argent a créé en eux pour se préparer à entrer et à vivre dans la nouvelle sphère des bénédictions spirituelles et matérielles en Christ.  Les croyants doivent réfléchir sur comment travailler efficacement pour accueillir les bénédictions divines, et comment les garder et les utiliser effectivement.
Mais, l’embrasse de la lecture positive de l’argent et des biens matériels ne doit pas plonger les leaders chrétiens dans l’oubli du danger réel qui vient de l’amour de l’argent.  S’il est encouragé que nous embrassions les bénédictions divines qui nous ouvrent l’argent et les biens matériels, nous ne devons jamais embrasser l’argent et les biens matériels eux-mêmes.  En effet, l’argent et les biens matériels une fois embrassés, agissent comme des « aimants spirituels » qui « aspirent » notre âme vers eux et les dominent.  Seuls les leaders chrétiens naïfs ignorent la puissance négative de l’argent.  L’argent devient facilement un dieu qui nous colonise ; nous fait courir, nous enlève le sommeil la nuit ; nous fait mentir et finalement, nous fait sortir complètement de la volonté de Dieu.  Les autoroutes ecclésiastiques sont jonchés d’épaves des serviteurs et servantes de Dieu, hier puissants, aujourd’hui immobilisés, en rouille, sous formes de ferrailles ou mitrailles spirituels, sujets du frottement des mains et des rires sardoniques de l’ennemi et de ses acolytes humains ; les adversaires de toujours !

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